Comme je l'explique dans mon livre, il y a malheureusement eu des gens qui ont eu beaucoup moins de chance à Ramstein en 1988.
Roland Fuchs est sans doute celui dont l'histoire m'a le plus bouleversé. Il a perdu son épouse et sa fille de 4 ans dans la catastrophe de Ramstein. Dans le coma jusqu'en novembre 1988, il a appris leur décés à l'hôpital après son réveil, alors qu'elles étaient déjà enterrées depuis 2 mois!
Son site en allemand est très bien expliqué et est disponible en traduction anglaise et italienne.
J'ai pris contact avec lui et vous propose de lire mon message.
(Traduction plus bas!)
Lieber Roland,
Eben mit großer Emotion schreibe ich Ihnen diese Wörter. Ich heiße Sébastien Weiss, bin französich und wohne in Paris mit meiner Ehefrau und meinen drei Kindern.
Ich habe meine Kindheit im Osten Frankreichs, im unweit von Saarbrücken verbracht. Luftfahrt begeistert, wollte ich daraus meinen Beruf machen und war bei zahlreichen Flugtagen anwesend. Am 28/08/1988 war ich auch im "Flugtag" von Ramstein mit meinem Vater. Aber im Gegensatz zu Ihnen, dessen Katastrophe die Wesen mitgenommen hat, die Ihnen so teuer waren, ist man von dieser Hölle ohne physikalische Verletzungen zurückgekehrt.
Selbst wenn wir in einigen fünfzig Meter des Ortes waren, wo sich das italienische Gerät entschieden hatte, seinen allerletzten und tragischen Flug zu beenden, wollte das Schicksal nicht, dass ich an diesem Eisstand im Augenblick des Unfalls war.
Im Augenblick, wo wir uns dorthin begeben sollten, wollten wir durch den Parkplatz gehen, um dazu schneller zu führen, bin ich aber in Rollband aufgehängt geblieben. Diese kleinigkeit hat uns ganz sicher das Leben gerettet!
Aber für mich, der nur 11 Jahre alt war, war das Trauma unvermeidlich...
Die Vorstellung dieser grauenhaften und unvergesslichen Bilder haben mich für immer markiert. Während ca. 20 Jahre bin ich in ein absolutes Schweigen eingetaucht worden, ohne darüber sprechen zu können und zu allem Preis, diese traurige Erinnerung vergessen. In seltenen Gelegenheiten sprach mein Vater darüber und erinnerte mich, dass ich uns das Leben gerettet hatte... Das schien mir so dumm zu sein!
Während aller dieser Jahre haben die Albträume mich niemals losgelassen. Während dieser Jahre, schämte ich mich und spürte ein riesengroßes Schuldgefühl.
Schande von Lebewesen und daraus unverletzt herausgenommen gewesen zu werden! Für jemanden, der diese Katastrophe nicht erlebt hat, kann es unverständlich scheinen, dass man diese Art des Gefühles spüren kann.
Und oft fordern diejenigen, die meine Geschichte heute kennen, mich warum ich psychologische Weiterverfolgung niemals hatte, antwortet ich ihnen dass man um eines solchen Traumas ausgehen zu wollen, sich seiner bewusst sein und den Heilungswillen geben muss...
Wenn mein Vater im April 2007, Folgen eines langen Kampfes gegen Krebs verstarb und den er noch Flammen in seinem letzten Wahn lebte, habe ich an Ramstein sehr wieder gedacht. Wie ein Zeichen, habe ich gedacht dass es höchste Zeit war, die Sachen in die Hand zu nehmen und schließlich mit diesem Trauma zu leben.
Danach habe ich die Bilder der Inferno zum ersten Mal seit dieser Tag versucht und gesehen.
Ich habe Ihre Website und Ihre so rührende Zeugenaussage, Ihre so ungerechte Geschichte gefunden, wie ich mich noch mehr Nichtskönner gefühlt habe.
Aber ich habe mir auch einer wichtigen Sache bewußt geworden. Obwohl ich ein Zeuge unter Tausenden bin, habe ich verstanden, dass wir alle von einer Sache vereinigt wurden: Wir waren bei Ramstein dieser Tag anwesend und dass wir von diesem Drama so mehr oder weniger berührt haben, wir spüren dieselben Schmerzen..
Diese Geschichte ist unsere!
Dafür habe ich beschlossen, eine den Opfern geweihte Arbeit zu schreiben, worin ich dieser Tag und über die Folgen auf meiner Kindheit erzähle.
Betitelt " Das Herz des Dramas " (Le coeur du drame), diese Arbeit hat Französischen ermöglicht, sich die Katastrophe von Ramstein zu erinnern oder erkennen. Ebenso aus diesem Grund, habe ich meine Website geschaffen, auf der ich die Verbindung zu Ihrer Website hinzugefügt habe.
Ich habe auch andere anwesenden französischen Zeugen in Ramstein dieser Tag wiedergefunden, und der mir seine Zeugenaussage nett mitgeteilt hat. Mein Traum bestände darin, einen Tag zu können, zahlreiche Zeugen dieser Tragödie der ganzen Welt zu sammeln.
Während Zeit, hatte ich wirklich den Mut nicht Kontakt zu Ihnen nehmen, aus Gründe die ich vorher erkläre. Aber ich werde ebenso überzeugt, wie Sie mich jetzt verstehen...
Wiessen Sie, Roland, dass ich viel Bewunderung für Ihre Strecke halte, die ein langer und gefährlicher Kampf war.
Danke für beigetragen haben, mir die Kraft zu geben, aus Ramstein eine Episode meines Lebens zu machen, obwohl er traurig ist.
Herzlich und freundschaftlich,
Sébastien Weiss
Meine Internetwebsite: http: //sebastienweiss.skyrock.com/
Entschuldigung für die Fehler!Traduction en français:Cher Roland,
C'est avec grande émotion que je vous écris ces mots. Je m'appelle Sébastien Weiss et habite à Paris avec mon épouse et mes trois enfants.
J'ai passé mon enfance dans l'est de la France, non loin de Saarbrücken. Passionné d'aviation, je voulais en faire mon métier et assistais à de nombreux meetings aériens. Le 28/08/1988, j'étais au « Flugtag » de Ramstein avec mon père. Mais contrairement à vous, dont cette catastrophe a emporté les êtres qui vous étaient si chers, on est revenu de cet enfer sans blessures physiques.
Même si nous n'étions qu'à quelques dizaines de mètres de l'endroit où l'appareil italien avait choisi de finir son ultime et tragique vol, le destin n'a pas voulu que je sois à ce stand de glace au moment de l'accident. A l'instant où nous devions nous y rendre, nous voulions passer par le parking afin d'y accéder plus rapidement, mais je suis resté accroché au barbelé. Ce petit rien nous a retardé, et peut-être sauvé la vie!
Mais pour moi qui n'avait que 11 ans à cette époque, le traumatisme fut inévitable... La vision de ces images horribles et inoubliables m'ont marqué à jamais. Pendant près de 20 ans, j'ai été plongé dans un mutisme absolu, sans pouvoir en parler, et cherchant à tout prix à vouloir oublier ce triste souvenir. A de rares occasions, mon père en parla et me rappela que je nous avais sauvé la vie... Cela me semblait si stupide!
Pendant toutes ces années, les cauchemars ne m'ont jamais lâché. Pendant ces années, j'avais honte, et ressentais un immense sentiment de culpabilité. Honte d'être vivant et de s'en être sorti indemne! Pour quelqu'un qui n'a pas vécu cette catastrophe, il peut sembler incompréhensible que l'on puisse ressentir ce genre de sentiment. Et souvent, ceux qui connaissent mon histoire aujourd'hui, me demandent pourquoi je n'ai jamais eu de suivi psychologique, je leur répond que pour vouloir se sortir d'un tel traumatisme, il faut en être conscient, et avoir la volonté de guérison...
Lorsqu'en avril 2007, mon père décéda des suites d'un long combat contre le cancer, et qu'il vit encore des flammes dans ses derniers délires, j'ai beaucoup repensé à Ramstein. Comme un signe, j'ai pensé qu'il était grand temps de prendre les choses en main, et de vivre enfin avec ce traumatisme. C'est alors que j'ai effectué des recherches et vu les images du crash pour la première fois depuis ce maudit jour. J'ai trouvé votre site et votre témoignage si touchant, votre histoire si injuste, que je me suis senti encore plus minable. Mais j'ai aussi pris conscience d'une chose importante. Bien que je sois un témoin parmi des milliers, j'ai compris que nous étions tous unis par une chose: nous étions présent à Ramstein ce jour, et que nous ayons été plus ou moins touchés par ce drame, nous ressentons les mêmes douleurs... Cette histoire est la nôtre!
C'est pour cela que j'ai décidé d'en écrire un ouvrage dédié aux victimes, dans lequel je raconte cette journée et les conséquences sur mon enfance. Intitulé « Le coeur du drame », cet ouvrage a permis à des français de se souvenir ou de découvrir la catastrophe de Ramstein. C'est aussi pour cette raison que j'ai créé mon site internet, sur lequel j'ai ajouté le lien vers votre site. J'ai aussi retrouvé d'autres témoins français, présents à Ramstein ce jour, et qui m'ont gentiment fait part de leur témoignage.
Mon rêve serait de pouvoir un jour réunir de nombreux témoins de cette tragédie du monde entier.
Pendant un temps, je n'avais pas vraiment le courage de prendre contact avec vous, pour la raison que j'indiquais précédemment. Mais je suis aussi convaincu que vous me comprenez maintenant...
Sachez, Roland, que j'ai beaucoup d'admiration pour votre parcours qui fut un long et périlleux combat. Merci d'avoir contribué à me donner la force de faire de Ramstein, un épisode de ma vie, aussi triste soit-il.
Pardon pour les erreurs en allemand!
Cordialement et amicalement,
Sébastien WeissVoici le lien du site de Roland Fuchs,
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